FEMEN ( 2015 - 2017 )

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Ces gouaches de 40X40cm se déclinent en ocre et cobalt sur papier marron. Elles trouvent leur origine dans les photos de presse illustrant les performances publiques des FEMEN. Les Jeunes femmes qui participent à ce mouvement féministe et activiste d'origine ukrainienne, peignent leurs slogans sur leurs seins nus et provoquent des réactions musclées. J'ai choisis les clichés qui captaient ces violentes collisions entre l'arme-faiblesse de la nudité et la vigueur des services d'ordre. Ces images sont sidérantes et m'évoquent des peintures d'Histoire à la même force hypnotique. Je retravaille ces clichés en morcelant les figures et en développant le mouvement dans un style libre pour tirer le meilleur du choc des corps.

+ STREAKERS ET FEMEN HISTORIQUES

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- LES STREAKERS - La nudité sert de revendication politique aux FEMEN, quant STREAKERS ces exhibitionnistes des rencontres sportives, cela semble relever de la simple plaisanterie. M'intéressant aux questions d'identité engageant le corps, la découverte de ces clichés sur l'internet m'a inévitablement inspirée. Je me concentre sur le moment où les perturbateurs sont interceptés, un instant toujours stupéfiant de violence, et ici saisit comme un retour abrupte à la réalité sociale. D'interprétation libre, ces gouaches retracent ces impacts convulsifs pour appuyer les enjeux de la performance. Quelle place laissons-nous au corps? où est sa liberté parmi les contraintes sociales? - FEMEN HISTORIQUES- Les images d'actualités qui couvrent l'actualité des FEMEN me rappelle des oeuvres de l'Histoire de l'Art. Pour jouer de ces ressemblances, je glisse dans ma série FEMEN des gouaches non pas tirées de la presse contemporaine mais des figures de la peinture et de la statuaire telles que les vierges affligées que sont Daphné ou Europe réalisées de la main d'artistes tels que le Bernin et Rubens.

 


LES FOOTBALLEURS, RUGBYMEN ET SUMOS (2016-2017)

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Ces huiles sur toile de 1X1m s'inspirent d'instantanés de footballeurs rentrant en collision en raison de maladresses ou de fautes. Notre rapport au sport s'est médiatisé et ritualisé par la retransmission télévisée en direct. Le foot m'intéresse car je le perçois comme un microcosme reflétant notre société offrant une procuration à la volonté de puissance et la frustration du spectateur impliqué. La technologie insert de manière intempestive des ralentis d'actions au sein du temps réel. On y voit des corps se mettre à léviter lentement, rentrer dangereusement en contact avec d'autres corps, se déformer comme des pantins avant de choir impitoyablement. C'est la rencontre impromptue des corps que me fascine particulièrement et que j'exploite dans ces peintures comme l'exacerbation du conflit en des formes inattendues. Les footballeurs sont des icônes contemporaines incontournables qui dans ces moments suspendus ne contrôlent ni leurs gestes pourtant si travaillés, ni leur brushing et la disposition de leurs tatouages non moins travaillés. Ils deviennent extatiques avec des expressions insoupçonnées et offrent des similitudes avec l'éclat des représentations de la peinture baroque.


ANATOMORPHOSES (2015-2016)

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"Anatomorphose" est une série qui s’inspire de l’univers médical et opère formellement une rencontre entre la planche anatomique et la psychiatrie. Morceler, amplifier, retrancher, dépasser les limites du corps où la peau ne fait plus frontière, se reproduire en parthénogenèse, voici ce que l’on peut percevoir. Des créatures picturales surgissent de ses bizarreries et façonnent un monde inédit où les possibles sont infinis. Les organes tentaculaires et les viscères échappés forment d’étranges êtres composites qui dépassent les frontières physiologiques et psychiques. La vie et la mort y deviennent concomitantes. Ces peintures s’autorisent à mettre en doute la séparation du vital et du morbide, explosent l’unicité de la personne en offrant une schizophrénie latente avec ses dissociations et ses hallucinations. Les «Anatomorphoses» révèlent l’absence de stabilité interne et externe tout en cherchant à nous la faire accepter, elles proposent un nouvel espace de liberté où nous serions affranchis de nos délimitations corporelles et intellectuelles.

-FÉTICHE Vs CHAIR

Le fétiche veut incarner la chair en lieu et place de la chair. Cette dernière ne s'en laisse pas compter et entre en lutte contre cet ersatz symbolique. Sus à l'érotisme, vive la sexualité! voici le sujet de ces toiles où la chair réelle sentante et sensuelle remporte le match contre les fantasmes infantiles qui ne font pas le poids. Ainsi, un bout de talon aiguille, de bas jarretelle apparaissent encore - tristes symboles issus du pied, lui-même dérivé du phallus (que de détours) - mais ils sont perdus dans des capitons de muscles, de graisses, d'organes vivaces avec des sexes et des pieds à la réalité amplifiée. C'est cette chair démultipliée qui gagne par KO grâce à son énergie organique illimitée et sa surabondance vitale et voluptueuse.


JUSSIENNE (2015)

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LA JUSSIENNE (2015) Il y a vingt ans, aux débuts de mes études, j'avais effectué un travail autour de Marie-Madeleine. Ce personnage m'offrait un support formel à la fois sensuel et déchiré, et un outil de réflexion sur le féminisme. Aujourd'hui je veux revenir sur ce personnage car mes préoccupations d'alors se sont amplifiées. Mon intérêt s'est déporté sur une autre sainte que l'on confond avec Marie-Madeleine: Marie l'Egyptienne. Marie l'Égyptienne est également une prostituée repentie, mais de manière plus extrême, et cette sainte présente l'avantage de ne pas être associée au Christ et donc de faire un personnage de premier plan à part entière, une figure plus indépendante, une entité plus pure en vue d'un travail plus radical et plus engagé. M'importe d'avantage l'individu que le féminin dans ce personnage. Le corps est dépassé par son comportement jusqu'au-boutiste dans la luxure comme dans la contrition ("elle ne connaissait ni bornes ni mesure; elle était si adonnée (..) que chacun devait se demander comment elle y résistait" / "on aurait dit qu'elle n'avait pas de ventre parce qu'elle n'y mettait jamais de nourriture" Rutebeuf). La personnalité de l'Égyptienne explose et elle passe pour folle ("pour connaître les fous comme elle, pas besoin qu'elle ait une sonnette au cou: elle avait bien l'air d'une folle dans son apparence et dans ses propos, car ses vêtements et son allure la désignait pour ce qu'elle était". Rutebeuf), elle s'affranchit des limites sociales comme des limites du soi comme un appel à dépasser l'individu. La confusion règne quand on veut l'enfermer dans une définition, on la confond avec les Maries et les Madeleines, son nom est sujet à des glissement de prononciations: l'Égyptienne, la Gypecienne, la Gyssienne, la Jussienne (Alexandre Dumas dans la Dame de Monsoreau à propos de la rue Jussienne). J'utilise pour mes compositions des photos des FEMEN, mouvement ukrainien de féministes activistes dont les provocations en public avec l'arme-faiblesse de la nudité offre des clichés iconiques de premier choix. Je retravaille ces images en morcelant les figures, et en particulier en développant les chevelures en mouvement. J'utilise un format carré d'un mètre pour brouiller le sens de vision (l'horizontale et la verticale se valent), la régularité du carré est aussi une contrainte intéressante pour la figure qui doit lutter et imposer son irrégularité. L'Égyptienne lutte contre les carcans sociaux y compris celui qui cherche à constituer des individus comme un tout. Jussienne, des compositions qui disloquent et réorganisent les figures à l'infini, une peinture à l'image de l'Égyptienne, voluptueuse et écorchée.


APOCALYPSO (2014)

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       Les textes (traduction de Chouraqui)

CANTIQUE DES CANTIQUES,  APOCALYPSE

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APOCALYPSO est un double cycle de peintures qui met en image le Cantique des Cantiques et l'Apocalypse. Le rapprochement de ces deux textes, l'un issu des Écrits (ou Ancien testament), l'autre du Nouveau Testament, était en effet séduisant tant ces textes sont de longue date originaux et fascinants. Mais un fois leur contenu mis face à face, cette association est presque une évidence, pour faire vite disons qu'il sont l'Éros et Thanatos. Le Cantique des cantiques est généralement reçu comme un poème qui évoque les amours d'un homme et d'une femme avec sensualité tandis que l'Apocalypse prophétise la destruction et la fin du monde. Mes peintures ont pris le parti de suivre scrupuleusement la structure de chaque texte pour former un ensemble de 30 toiles (8 cantiques et les 22 chapitres de l'Apocalypse), de format 195X130cm pour le Cantique (surface qui peut recevoir les ébats amoureux d'un couple) et 70X70cm pour celui de l'Apocalypse (le chiffre 7 est celui de la plénitude dans le texte). L'approche picturale est évidemment plus voluptueuse dans le Cantique et plus épisodique pour l'Apocalypse. Le style qui s'y développe brouille les pistes pour perturber la lecture, et quoi de plus normal pour des textes à la canonicité contestée et aux interprétations erronées. En effet le Cantique n'est pas un texte lascif mais spirituel décrivant une union entre Dieu et son peuple et tout comme l'Apocalypse n'annonce pas une déchéance mais une plénitude à travers une vérité à venir. Ce qui m'intéressait par dessus tout en travaillant ces textes ce sont les questions d'interprétation et de choix qu'ils suscitent. Un texte est donné, une image se propose, leur réception est toujours subjective et marquée par le vécu de chacun. Seule la pluralité des connaissances peut nous aider à approcher une pensée plus libre et une conviction intime plus juste. Pour apporter ma contribution aux interprétations on trouvera associée à chaque peinture une vidéo mêlant dans un morphing les phrases clefs qui m'ont inspirées (dans la traduction de Chouraqui) et les pistes visuelles que j'ai suivies pour aboutir aux tableaux. Les deux textes, le Cantique et l'Apocalypse, nous interrogent fondamentalement sur nos choix de vie pour l'instant donné et pour l'avenir. La volonté et le libre arbitre confrontés à l'Éros et Thanatos ressortent dans ces textes de manière inédite et j'espère également dans ces peintures.

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LES LIMBES (2013)

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LES LIMBES. Les corps se contorsionnent sur eux mêmes, plongés dans une transe convulsive, une incandescence où une obscurité ténébreuse les ceint mais vous qui entrez ici, gardez un peu d'espoir… Ni Enfer ni Paradis les Limbes accueillent les âmes errantes et devient un véritable laboratoire des consciences. Arrachées au monde terrestre, écartées de la vie quotidienne, les âmes ressassent la question seule de leur existence, elles sont captives de leur for intérieur, prisonnières d'un face à face avec elles-mêmes. Leur agitation révulse les corps et leur incertitude mettent les chairs en lambeaux et chaque défaillance de leur conscience lacère les peaux en jets colorés. Ici pas de démons qui vous titillent de leurs piques ou de monstres en tout genre à affronter, le combat à livrer est celui de l'individu contre lui-même, celui de son âme aliénée à ses propres limites. Ici les corps sont tourmentés mais ne souffrent que des meurtrissures de l'âme. Dans ces tableaux couleur de cendre ou de brasier, jaillissent des lueurs sensuelles, la douceur s'immisce dans la tourmente. L'espoir en effet reste bien réel car dans cette lutte intime se niche l'exercice même de la liberté.